La vallée de la Lamar
Sitôt entrés dans la parc, Jean-Luc, Benoît et moi nous empressons de rejoindre la vallée de la Lamar et les bords de lun de ses affluents: Slough Creek.
Sempresser est somme toute un terme très relatif car la distance qui relie West Yellowstone (lentrée ouest du parc) à Slough Creek Campground est du longueur avoisinant les 120 km. Compte tenu de la limitation de vitesse à 45 m.p.h. (72 km/h), du nombre régulier de voitures présentes sur la route, qui ralentissent pour observer un bison, sarrêtent pour photographier une harde de cerfs ou peinent dans lascension dun col, la durée dun long trajet parcouru dans le parc, au beau milieu de la journée, est souvent sujette à des variations relativement grandes.
Au bout de deux bonnes heures de route, les superbes paysages ayant succédé au Mont Washburn laissent la place aux Tower Falls, jouxtant les chutes du même nom et la Yellowstone. Puis immédiatement après, cest Tower Roosevelt, le pont enjambant la Yellowstone encore, et enfin la vallée de la Lamar qui déroule ses méandres au beau milieu dune pleine alluviale que beaucoup de fleuves envieraient. Ce lieu est traditionnellement un des meilleurs points de rassemblement des troupeaux de bisons, et lon aperçoit parfois des loups ou des ours descendant des versants de la montagne qui font barrière à la vallée. Cest particulièrement vrai au début du printemps lorsquil y a toujours, quelque part sur la plaine, une carcasse de bison ou de cerf ayant succombé à lhiver. En été, de grand matin, il nest pas rare dapercevoir au détour de la route une rassemblement assez important de bipèdes, armés dappareils photos tous plus énormes les uns que les autres. Il sont réunis là, comme mus par une étrange secte, dans lespoir de capturer limage dun ours ou de quelque loup en vadrouille. Ceux-ci les auraient fait séparpiller quelques mois plus tôt mais leur méfiance les tient désormais à distance. Eté et tourisme obligent. Je me suis parfois demandé si un sommet de chef détats ne consomme pas moins de pellicule que la faune du Parc de Yellowstone dans le même laps de temps
Mais la vallée de la Lamar est loin de ne réserver ses faveurs quaux seuls chasseurs dimages. Elle détient quelques bijoux dont nous, moucheurs, sommes seuls capables dapprécier la quintessence. La Lamar elle-même bien sûr, mais surtout Slough Creek et Trout Lake.
La Lamar
Je nai en fait
jamais pêché
la Lamar. Pour moi, elle a deux défauts déterminants: Dabord, elle prends assez
vite une couleur café au lait. A la première averse sérieuse, vous pouvez être sûre
quelle sera bien vite impêchable et quelle le restera deux, trois jours. Ce
qui limite considérablement les opportunités de la pêcher, par exemple, en septembre
où les averses et orages sont monnaie courante.
Ensuite et cest probablement là son défaut principal, elle est trop proche de
Slough Creek.
Cependant, sa présence est pour moi très importante car sa vallée trace, comme une cicatrice, son chemin au milieu dune des plus belles contrées de la terre. En tout cas, cest mon avis. Yellowstone est marqué comme au fer rouge par une énorme croix. Le centre de la Croix se situe au mont Washburn, et chaque branche est formé par une vallée dont limportance est vitale pour la pêche dans le parc. En entrant par West Yellowstone, on longe la première branche, formée par la Madison. Si on continue tout droit, on traverse le Mont Wasburne et on coupe laxe principal de la croix, formé par la vallée de la Yelloswtone. La dernière branche, cest la vallée de la Lamar.
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Il y a énormément de moucheurs qui la fréquentent car les prises sont nombreuses et de belle taille. Principalement des Cutthroats, mais il y a également beaucoup darcs-en-ciel. Quelques Cutbows, hybride de cutthroat et darc, se prennent régulièrement et ces poissons sont particulièrement appréciés pour les beauté et leur défence. On peut diviser sa vallée en trois parties distinctes. Sa source qui descend très rapidement des Absaroka Mountains; Soda Bute Creek qui longe la route depuis lentrée Est du Parc de Yellowstone et qui est prolongée par la lamar après leur confluent; puis enfin la partie aval de la Lamar, dont la pente est nettement plus douce que sur la partie amont, et qui se jette dans la Yellowstone après avoir accueilli les eaux de Pebble Creek et de Slough Creek. |
| Cest cette dernière
portion qui est la plus fréquentée. En effet, la partie amont de la Lamar est
relativement difficile daccès. Un seul sentier y mène, et la plupart des pêcheurs
préfèrent pêcher le long de la route, non loin de leur voiture. Soda Bute Creek, quant
à elle, na pas la réputation de contenir de forts gros poissons. |
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Les conditions ne sont cependant pas si évidentes quil y parait. La configuration fort large de la vallée et la quasi absence de végétation le long des berges exposent les moucheurs au vent et aux truites. Le fond est relativement régulier et les beaux poissons se cantonnent généralement dans les grands plats. Il faut donc approcher discrètement du poisson.
La Lamar, lors de son confluent avec Soda Bute Creek.
Observez comme la Lamar est boueuse tandis que Soda reste limpide.
Dans la partie avale de la rivière, peu avant le confluent avec Slough, la vallée sencaisse assez fort, et les conditions de pêche varient à nouveau. De grandes vasques sont créés par le courants contournant les rochers, la profondeur devient plus variable, et lapproche du poisson sen trouve facilitée. Il y également moins de pêcheurs, bien que la rivière ne soit cependant pas éloignée de la route. On la voit en surplomb lorsque lon passe. Après lentrée du Slough Creek, la rivière devient nettement plus puissante et, à ma connaissance, on la pêche assez peu.
La Lamar, en aval, non loin du confluent avec Slough Creek.