Slough (prononcer ‘slou") creek est un véritable bijou. D’ailleurs, de plus en plus de moucheurs le reconnaissent et sa fréquentation augmente d’année en année. Mais sa configuration donne à l’amateur de solitude l’occasion de passer une journée en tête à tête avec lui-même. Il faut simplement faire un peu d’effort. Je m’ess-pli-que.

Depuis son entrée dans le parc, Slough passe à peu près 70% de temps en prairie. La pente y est douce et son cours est une longue succession de calmes séparés par de petits radiers ou de légères accélérations. Les 30% restants, la rivière rattrape le temps perdu et dégringole le longs des éboulis rocheux comme le ferait un torrent de montagne. Ces zones de déclinaison importante sont au nombre de trois. De part et d’autre, les prairies où la rivière s’assagit sont appelés "meadows". Il y en a donc quatre. La plaine inférieure, où la rivière se jette dans la Lamar, est appelé communément "Lower Meadow". C’est le seul accessible en voiture, c’est également là que se trouve le camping "Slough Creek Campground". Autant dire que la grande majorité des moucheurs s’y cantonnaient , laissant aux plus courageux le soin de grimper le sentier de montagne qui permet de rejoindre le premier meadow.


Il faut en effet trois bons quarts d’heure pour arriver au sommet de la côte et entrevoir la première prairie supérieure (First Meadow); une demi-heure pour traverser la plaine, puis on se retrouve au pied d’une seconde côte, mois ardue. Mais au bout d’une heure et demi de marche forcée, elle fait tout aussi mal que la première. Encore un gros quart d’heure et c’est le "Second Meadow". Le troisième meadow est accédé de la même manière, et en tout il faut presque trois heures de marche à vive allure pour l’atteindre. Seuls les plus sportifs s’y aventurent pour la journée. Une demi douzaine d’espaces de campement pouvant accueillir chacun une trois à quatre personnes jalonnent le sentier. Ceux-ci sont particulièrement bienvenus pour ceux qui rechignent à se taper 6 heures de marche pour ne pêcher que quelques heures. Le camping sauvage dans le parc est cependant soumis à des règles très strictes car on en plein pays des ours. Les rangers vous font d’ailleurs bien comprendre que les animaux sauvages sont chez eux, tandis que vous, vous êtes à peine tolérés.

Ces dernières années néanmoins, les récits fantastiques ramenés "d’en haut" par "ceux qui y étaient allés" ont poussés de plus en plus de monde à faire l’effort nécessaire à la découverte de ce paradis terrestre. C’est le deuxième meadow qui en a fait principalement les frais. La plupart des gens qui veulent monter considèrent désormais que le premier meadow est trop couru, et que le second vaux l’effort supplémentaire. Comme il y a moins de monde, les poissons sont plus faciles et plus gros. Le problème c’est que tout le monde pense cela, et que finalement, le premier meadow est nettement moins pêché. Le troisième meadow reste l’apanage des moucheurs-campeurs.

-